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Jean Christophe Portes
Les enquêtes de Victor Dauterive
«Victor Dauterive, un enquêteur sous la Révolution»

Axel de Fersen, 34 ans en 1789

Le comte suédois Axel de Fersen est surtout connu pour avoir été le un très proche de Marie-Antoinette. Issu de la haute noblesse de son pays, c’est à l’issue d’un tour d’Europe qu’il rencontre cette dernière lors d’un bal à l’Opéra.

Bel homme au physique avantageux et aux manières parfaites, il devient un peu plus tard l’un de ses familiers. Il est difficile de dire s’il fut ou non l’amant de la reine, personne en réalité n’est capable de trancher cette question.

Le séducteur est aussi un militaire, qui obtient par faveur une place dans le corps expéditionnaire Français en Amérique. Il se distingue à la bataille de Yorktown et revient auréolé d'une certaine gloire.

À Versailles, les langues vont bon train sur une supposée liaison avec la reine. Il partage son temps entre la Suéde et la France, puis obtient le commandement d’un régiment Français à Landrecies, dans la région de Valenciennes.

En 1789, favori du couple royal, il est le principal artisan de leur fuite, qu’il met au point au fil d’une longue correspondance. Tout a été dit sur sa participation, sur le fait qu’il n’était pas un homme de complots, que la Reine l’avait imposé pour diriger l’organisation. Mais il était sans doute aussi l’homme le plus dévoué et le plus fidèle à Marie-Antoinette et au couple royal. C’était un militaire et il savait commander. Que se serait-il passé s’il avait été présent lors de l’équipée vers Montmédy ? Aurait-il trouvé les mots pour forcer le destin ?

Après cette tentative manquée, Fersen plaide sans relâche la cause de la reine, mais il n'est pas écouté. En 1792, il revient clandestinement à Paris et tente d’organiser une nouvelle fuite mais le souverain refuse. Exilé à Bruxelles, il est à l’origine du «manifeste de Brunswick», provocation qui attise la colère des Français et accélère la chute de la royauté.

Aucune de ses initiatives ne sera couronnée de succès et son grand amour, Marie-Antoinette, sera exécutée comme l’avait été son époux.

Revenu en Suède, Fersen connait disgrâce, puis retour en grâce. Le 20 juin 1801, 10 ans jours pour jour après la fuite royale vers la frontière, Axel de Fersen est massacré par la foule à Stockholm pour d’obscures raisons politiques.