Nouveauté
Jean Christophe Portes
Les enquêtes de Victor Dauterive
«Victor Dauterive, un enquêteur sous la Révolution»

Jean-Paul Marat, 46 ans en 1789

À la révolution, Jean-Paul Marat est un homme mûr à l'existence aventureuse. Il est né en Suisse dans une famille venue de Sardaigne et convertie au calvinisme. Après avoir reçu une excellente éducation, il voyage à Paris, où il acquiert en autodidacte une formation médicale. Puis il se fixe à Londres dans les années 1770 pour y exercer ses talents comme médecin et vétérinaire. Disciple convaincu de Rousseau, il y découvre la démocratie et les élections, ce qui le marque profondément.

Travailleur infatigable, il rédige des traités et des articles, dont « Chains of slavery » qui dénonce l’oppression des puissants sur le peuple, puis des traités médicaux, sur l’homme en général (« De l’homme »), sur la blennorragie ou sur les maladies ophtalmologique. 

Après les années anglaises et écossaises, il s’installe à Paris, à l’âge de 32 ans.

Grace à ses relations, il devient deux ans plus tard médecin des gardes-du-corps du comte d’Artois, le frère cadet du roi, un poste confortable. Il continue à produire des essais et des expériences et trouve des patients dans la bonne société.

Mais il s’est attiré sans le vouloir les foudres de Voltaire, qui descend en flamme l’un de ses essais scientifique, « De l’homme ». Pour le genevois, c’est une descente aux enfers. Repoussé par la médecine officielle, il est bientôt radié des gardes-du-corps. Ce qui ne l’empêche pas de continuer fiévreusement ses expériences sur le feu, l’électricité ou la lumière. Malgré ses efforts, il n’est pas vraiment reconnu: il est dérangeant, trop franc et trop peu mondain.

Sa santé, entretemps, se détériore. Les historiens évoquent une forme grave d’herpès, de diabète ou de syphilis. L’affection s’aggravera jusqu’à lui brûler la peau. Il ne pourra la soigner qu’en vivant une partie de ses journée dans une baignoire.

À la Révolution, il se lance avec passion dans le journalisme, avec « L’Ami du peuple ». Pour avoir été rejeté par la bonne société, par sensibilité et parce qu’il admire les idées de Rousseau, il y prône des positions sociales et démocrates très avancées, notamment la fin d’une distinction entre citoyens passifs et actifs, l’abolition de l’esclavage, mais aussi une vigilance accrue envers la contre-révolution. En 1790, un violent pamphlet où il prône l'assassinats des aristocrates lui vaut les poursuite de l’Assemblée nationale, et il doit fuir en Angleterre.

Revenu en France sans être inquiété, il s'inquiète à plusieurs reprise d’une possible fuite de Louis XVI. La réalité lui donne raison. Après Varennes, ses positions se radicalisent et d’instinct, il s’oppose aux Girondins que le roi a porté au pouvoir. Visionnaire, il présent le piège que constitue la guerre vers laquelle ces derniers veulent entraîner la France.

Il est devenu une grande figure, une sorte de Pythie dont aux oracles toujours vrais. Il sera jugé le principal responsable des massacres de septembre 1792. La lutte engagée contre les Girondins se durcit encore, jusqu’à la défaite de ces derniers et leur éviction brutale du pouvoir, en mai 1793.

Il est assassiné un mois plus tard par Charlotte Corday, une jeune aristocrate venue de Caen.