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Jean Christophe Portes
Les enquêtes de Victor Dauterive
«Victor Dauterive, un enquêteur sous la Révolution»

Olympe de Gouges, 41 ans en 1789

Comme son nom ne l’indique pas, Olympe de Gouges est née roturière dans une famille modeste, à Montauban. Marie Gouze est la fille bâtarde du marquis Lefranc de Pompignan, un poète qui fut en son temps moqué par Voltaire. 

Mariée à 17 ans, elle se retrouve veuve un an plus tard. Elle refusera toujours de se remarier, le mariage étant pour elle le « tombeau de l’amour ». Montée à Paris, elle y rencontre un homme riche, qui l’entretient et lui donne les moyen de s’intégrer à la bonne société. Indifférente à sa réputation de courtisane, elle se lance alors dans sa passion de toujours, l’écriture. Elle écrit des pièces et monte ses propres spectacles, ce qui n’est pas rare à cette époque qui connait la passion du théâtre.

Elle connait une certaine notoriété avec « L’esclavage des noirs, ou l’heureux naufrage » en 1785. Cette pièce qui dénonce l’esclavage ne sera jamais jouée sous l’ancien régime. Elle lui vaut la haine des riches propriétaires de Saint-Domingue, qui réussissent presque à la faire interner.

Il faudra attendre la Révolution pour qu’enfin l’œuvre soit rendue publique, ce qui n’empêche pas une vive opposition de la part des colons et de leurs puissants amis.

Parallèlement à ces activités, Olympe de Gouges se passionne pour la politique et pour la cause des femmes. Elle adresse à Marie-Antoinette une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », dans laquelle elle réclame des droits identiques pour tous dans tous les domaines, du paiement de l’impôt, à celui d’enseigner, d’être militaire ou femme d’église. « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune », affirme Olympe de Gouges. Le texte sera écarté par les députés.

Tenante comme beaucoup d'une monarchie constitutionnelle, elle change d’avis après la fuite du roi et se rapproche des Girondins, qui demandent la République. Ils mettront d’ailleurs en œuvre l’une de ses idées : le droit au divorce. Mais le remplacement du mariage religieux par un contrat civil — un Pacs avant l’heure — ne voit pas le jour.

Dans la lutte entre Montagnards et Girondins, Olympe choisit le premier camp, ce qui finit par provoquer sa perte et son exécution, en novembre 1793, un mois après celle de Marie-Antoinette.